Christine Jensen – Under the Influence Suite

Lesley Mitchell-Clarke, The Whole Note

Two-time JUNO-winner, saxophonist, composer and conductor Christine Jensen is one of the most gifted, creative and skilled international musicians/composers of her generation. With her new five-part jazz suite and recording, Montreal-based Jensen has materialized nothing short of a musical triumph. A deeply personal project, this well-produced CD (which was commissioned by l’Orchestre national de jazz de Montréal) is an homage to Jensen’s significant musical influences – creative masters with whom she found a deep, soul connection and who have helped to shape her as an artist and as a human being. These jazz icons include the late Kenny Wheeler, the late Jan Jarczyk, the late John Coltrane, Lee Konitz (with whom Jensen studied extensively) and Wayne Shorter. Jensen (who conducts the ONJM) has also chosen to incorporate the lovely voice of Sienna Dahlen – which in timbre and tone is the perfect complement to the dynamic ONJM and also to the potent music itself (to which Dahlen contributed lyrics).

Among the superb sections of this cycle are Part I (For Kenny Wheeler), which begins with Ouverture – a spooky and disarming sequence that opens the door for Starbright, a stunning, breathtaking and heartbreaking opus that segues into an expressionistic and free-flowing vocal and instrumental exploration, which then explodes into a cacophony of heart-pounding brass, a scorching piano solo by genius François Bourassa as well as gorgeous solos/rhythm section work from trumpeter Bill Mahar and drummer Kevin Warren. Also performed to perfection are the lilting, sassy and swinging Sweet Lee (For Lee Konitz) and both compositions written in tribute to Wayne Shorter: Anthem – a spiritual, non-linear, outside of space/time experience – and the joyous, dueling saxophones of Chant.

L’ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ AVEC CHRISTINE JENSEN - UNDER THE INFLUENCE SUITE

Ralph Boncy, VOIR

La saxophoniste Christine Jensen mène plusieurs projets de front: avec les universités McGill et Sherbrooke, avec son propre groupe, avec sa sœur Ingrid (trompettiste) et avec l’Orchestre national de jazz qu’elle dirige ici de main de maître pour l’exécution de sa nouvelle création dans laquelle elle passe en revue ses mentors et ses idoles. Dans l’ordre: Kenny Wheeler, Jan Jarczyk (pianiste décédé récemment), Coltrane, Konitz et Wayne Shorter qui donne l’occasion à un bel affrontement épique entre André Leroux et Frank Lozano.

Précisons qu’il n’y a aucune reprise dans ce disque ambitieux, homogène, nostalgique et lumineux, mais bien huit nouvelles pièces en cinq actes. On connaissait le talent d’arrangeuse de Christine, mais, cette fois, c’est la compositrice qui atteint un nouveau sommet de plénitude et de maturité aidé par la présence féminine, émotive et inspirée de la chanteuse Sienna Dahlen, captivante. 

Orchestre National de Jazz de Montréal & Christine Jensen ★★★★1/2 out of five, Under the Influence Suite (JTR8597)

Keith Black, The Winnipeg Free Press

Saxophonist and composer Christine Jensen was recently given a commission from the Orchestre National de Jazz de Montréal (ONJ) to compose a suite, and this album is the result. She added the vocals of Sienna Dahlen and, with the power of the ONJ, chose to reference and pay tribute to composers who have influenced her and, in fact, many of the ONJ members as well.

The suite has tracks named for Canadian-born trumpeter Kenny Wheeler, the iconic John Coltrane, Lee Konitz, Wayne Shorter, and Polish-Canadian pianist and composer Jan Jarczk (who taught Jensen and many ONJ members at McGill); she hopes for "a fragment of their character" in every piece. Jensen is showing increasing maturity and confidence in her compositions, and the result is a fine example of contemporary large ensemble writing. The solos are spectacular, including Jensen’s on For Jan Jarcyk and the two tenors on the Wayne Shorter tribute tracks.

There are wonderful jazz orchestra leaders and composers in the contemporary jazz world; Christine Jensen and this album can fully take a place with the best of them. From driving and powerful moments to lush melody, this is simply a great album for anyone who appreciates the "big" sounds along with the style of small group jazz.

Under the Influence Suite: sous influence majeure ★★★★

Alain Brunet, La Presse

Voilà une autre oeuvre de premier plan, imaginée par la jazzwoman montréalaise Christine Jensen, dont le langage s'inscrit dans le sillon des big bands contemporains sous la gouverne des Gil Evans, Oliver Nelson, Thad Jones/Mel Lewis, Bob Brookmeyer, George Gruntz, George Russell et autres Maria Schneider.

Commandée par l'Orchestre national de jazz de Montréal en 2015, cette suite pour grand orchestre de jazz révèle la chanteuse et parolière Sienna Dahlen, dont on a déjà fait l'éloge pour ses projets solos. L'usage de cette voix magnifique, très personnelle, d'une grande suavité et d'une puissance insoupçonnée confère une autre dimension mélodique aux compositions et arrangements de Christine Jensen. Les interprétations et improvisations de la chanteuse font corps avec cet orchestre mature dont la chef d'orchestre exploite de nouveaux accents (notamment la guitare), en élargit la palette harmonique et les concepts rythmiques, lui accorde certaines libertés atonales.

Conçue en cinq mouvements, cette oeuvre évoque indirectement le legs de Kenny Wheeler, Jan Jarczyk, John Coltrane, Lee Konitz et Wayne Shorter. Bien qu'elle soit «sous influence» de ses maîtres, l'écriture de Christine Jensen s'en affranchit davantage en proposant un langage qui lui est propre, sans rompre pour autant avec l'esthétique du big band contemporain. Du souffle! -


ATMA Classique ACD 22730 Jean-Louis Derenne, Ô JAZZ ! Infos C'est un “all-star” canadien pur jus. Avec d'abord un trio de musiciennes plutôt exceptionnelles : la pianiste et compositrice Marianne Trudel, aux compositions, arrangements et piano ; la saxophoniste, compositrice et chef d'orchestre Christine Jensen (déjà évoquée ici pour ses albums “Treelines” et “Habitat”), à la direction d'orchestre ; sa frangine,Ingrid Jensen – jusqu'alors trompette solo attitrée du Maria Schneider Orchestra –, en trompettiste invitée ; enfin quinze musiciens parmi la crème de la scène montréalaise (plus Anne Schaefer, à la voix). Et tout cela vous donne Dans la Forêt de ma mémoire, premier album (à notre connaissance) de l'Orchestre national de Jazz de Montréal (fondé en 2013), voué à marquer les esprits et à rester dans… les mémoires ! Evacuons d'entrée la référence. Il y a en effet du Maria Schneider chez Marianne Trudel, à peine quarante ans. Beaucoup. Dans l'inspiration, les orchestrations, les couleurs, le lyrisme. Oui, mais… il y a aussi un vrai propos, un ton, une originalité authentique, un talent mélodique et orchestral et un style de “narration musicale” tellement personnels (et séduisants) que si la référence à la figure tutélaire du “trésor national américain” (M. Schneider, selon la radio publique NPR – US National Public Radio) s'impose, on sent, on sait qu'on tient là une artiste vraiment unique. Ce très bel album, riche et dense, est une suite en sept tableaux. Sept atmosphères qui empruntent au jazz, mais pas seulement, pour nous raconter les paysages intimes d'une compositrice dont on pressent toute la richesse de la vie intérieure et l'étendue de la palette émotionnelle. “Dans la forêt de ma mémoire” a été composé spécialement pour le nouvel orchestre canadien, dont l'ambition, noble ô combien, est de “favoriser l'éducation des publics de tous les âges à la musique de jazz”. On veut bien signer en bas de la feuille !  Frédéric Cardin, ICI Musique La révolution big band se poursuit dans la foisonnante communauté jazz montréalaise. De nouveaux ensembles sont arrivés depuis quelques années, et ce sont les filles qui se les sont appropriés. Le plus récent est l’Orchestre national de jazz de Montréal, sous la direction de Christine Jensen, qui joue une suite musicalement riche et touffue de Marianne Trudel sur un superbe album intitulé Dans la forêt de ma mémoire. Marianne Trudel s’affirme depuis son arrivée sur la scène musicale comme l’une des meilleures compositrices québécoises et canadiennes de notre époque. Dans la forêt de ma mémoire puise aux sources du jazz aussi bien que dans le jazz moderne, mais aussi dans l’impressionnisme classique et la musique d’avant-garde. La plume inspirée, parfois délicate et sensuellement communicatrice, d’autres fois frénétique et enlevante, de Marianne imbrique tous ces morceaux dans un ensemble extrêmement séduisant et excitant. À un grand orchestre de jazz de 16 musiciens (en s'incluant au piano), Marianne a ajouté la trompette d’Ingrid Jensen et la voix aérienne, presque angélique, d’Anne Schaefer. Le résultat est magnifique, à la fois complexe et très accessible, quelque part entre Debussy, Ellington et Maria Schneider, ce qui finit par être, tout simplement, du pur Marianne Trudel. Du grand jazz d’ici et d’aujourd’hui.  Christophe Rodriguez, Jazz Bulletin Des grands orchestres avec l’âme du swing, ils n’en restent plus beaucoup. Avec beaucoup de moins de subventions que l’Orchestre national de Jazz en France, notre Orchestre national de jazz de Montréal conçoit beaucoup, avec très peu. Grâce à des bénévoles et l’infatigable travail de son président Jacques Laurin et les musiciens, ne l’oublions pas, voici une première mouture qu’il nous faut saluer. Plus près de la sonorité de Gil Evans que du roboratif trio Basie/Ellington/Kenton, cette machine à swing proprement « huilée » (parfois trop) explore l’univers des compositeurs et compositrices. Dans le cas présent et sous la direction de Christine Jensen avec comme invité la trompettiste Ingrid Jensen et pour la composition, la pianiste Marianne Trudel, entrez chers amis dans La forêt de ma mémoire. Ici, nous ne parlons pas du jazz qui fait taper du pied, mais bien de courtepointes. Comme des artisans horlogers, la pianiste, la chef d’orchestre, les musiciens de haut calibre ainsi que la trompettiste invitée travaillent les motifs et le langage orchestral. Jamais pompeux dans son essence, une chance, l’ONJM est une formation au service de la musique qui dépasse souvent le cadre du jazz. Au fil des plages, vous croiserez des esquisses de Stravinsky, les nuances et textures d’un Jimmy Giuffre, la complexité d’une Carla Bley et certainement, quelques pans de l’univers du regretté contrebassiste Charlie Haden avec son Liberation Orchestra. En sept esquisses, Marianne Trudel et la chef d’orchestre Christine Jensen ont réussi un petit miracle. 

ATMA Classique ACD 22730

Jean-Louis Derenne, Ô JAZZ ! Infos

C'est un “all-star” canadien pur jus. Avec d'abord un trio de musiciennes plutôt exceptionnelles : la pianiste et compositrice Marianne Trudel, aux compositions, arrangements et piano ; la saxophoniste, compositrice et chef d'orchestre Christine Jensen (déjà évoquée ici pour ses albums “Treelines” et “Habitat”), à la direction d'orchestre ; sa frangine,Ingrid Jensen – jusqu'alors trompette solo attitrée du Maria Schneider Orchestra –, en trompettiste invitée ; enfin quinze musiciens parmi la crème de la scène montréalaise (plus Anne Schaefer, à la voix). Et tout cela vous donne Dans la Forêt de ma mémoire, premier album (à notre connaissance) de l'Orchestre national de Jazz de Montréal (fondé en 2013), voué à marquer les esprits et à rester dans… les mémoires ! Evacuons d'entrée la référence. Il y a en effet du Maria Schneider chez Marianne Trudel, à peine quarante ans. Beaucoup. Dans l'inspiration, les orchestrations, les couleurs, le lyrisme. Oui, mais… il y a aussi un vrai propos, un ton, une originalité authentique, un talent mélodique et orchestral et un style de “narration musicale” tellement personnels (et séduisants) que si la référence à la figure tutélaire du “trésor national américain” (M. Schneider, selon la radio publique NPR – US National Public Radio) s'impose, on sent, on sait qu'on tient là une artiste vraiment unique. Ce très bel album, riche et dense, est une suite en sept tableaux. Sept atmosphères qui empruntent au jazz, mais pas seulement, pour nous raconter les paysages intimes d'une compositrice dont on pressent toute la richesse de la vie intérieure et l'étendue de la palette émotionnelle. “Dans la forêt de ma mémoire” a été composé spécialement pour le nouvel orchestre canadien, dont l'ambition, noble ô combien, est de “favoriser l'éducation des publics de tous les âges à la musique de jazz”. On veut bien signer en bas de la feuille ! 

Frédéric Cardin, ICI Musique

La révolution big band se poursuit dans la foisonnante communauté jazz montréalaise. De nouveaux ensembles sont arrivés depuis quelques années, et ce sont les filles qui se les sont appropriés. Le plus récent est l’Orchestre national de jazz de Montréal, sous la direction de Christine Jensen, qui joue une suite musicalement riche et touffue de Marianne Trudel sur un superbe album intitulé Dans la forêt de ma mémoire. Marianne Trudel s’affirme depuis son arrivée sur la scène musicale comme l’une des meilleures compositrices québécoises et canadiennes de notre époque. Dans la forêt de ma mémoire puise aux sources du jazz aussi bien que dans le jazz moderne, mais aussi dans l’impressionnisme classique et la musique d’avant-garde. La plume inspirée, parfois délicate et sensuellement communicatrice, d’autres fois frénétique et enlevante, de Marianne imbrique tous ces morceaux dans un ensemble extrêmement séduisant et excitant. À un grand orchestre de jazz de 16 musiciens (en s'incluant au piano), Marianne a ajouté la trompette d’Ingrid Jensen et la voix aérienne, presque angélique, d’Anne Schaefer. Le résultat est magnifique, à la fois complexe et très accessible, quelque part entre Debussy, Ellington et Maria Schneider, ce qui finit par être, tout simplement, du pur Marianne Trudel. Du grand jazz d’ici et d’aujourd’hui. 

Christophe Rodriguez, Jazz Bulletin

Des grands orchestres avec l’âme du swing, ils n’en restent plus beaucoup. Avec beaucoup de moins de subventions que l’Orchestre national de Jazz en France, notre Orchestre national de jazz de Montréal conçoit beaucoup, avec très peu. Grâce à des bénévoles et l’infatigable travail de son président Jacques Laurin et les musiciens, ne l’oublions pas, voici une première mouture qu’il nous faut saluer. Plus près de la sonorité de Gil Evans que du roboratif trio Basie/Ellington/Kenton, cette machine à swing proprement « huilée » (parfois trop) explore l’univers des compositeurs et compositrices. Dans le cas présent et sous la direction de Christine Jensen avec comme invité la trompettiste Ingrid Jensen et pour la composition, la pianiste Marianne Trudel, entrez chers amis dans La forêt de ma mémoire. Ici, nous ne parlons pas du jazz qui fait taper du pied, mais bien de courtepointes. Comme des artisans horlogers, la pianiste, la chef d’orchestre, les musiciens de haut calibre ainsi que la trompettiste invitée travaillent les motifs et le langage orchestral. Jamais pompeux dans son essence, une chance, l’ONJM est une formation au service de la musique qui dépasse souvent le cadre du jazz. Au fil des plages, vous croiserez des esquisses de Stravinsky, les nuances et textures d’un Jimmy Giuffre, la complexité d’une Carla Bley et certainement, quelques pans de l’univers du regretté contrebassiste Charlie Haden avec son Liberation Orchestra. En sept esquisses, Marianne Trudel et la chef d’orchestre Christine Jensen ont réussi un petit miracle. 

logos.png